IDHAE: Cent avocats ont été assassinés en 2017 dans le monde

le 12 juin, 2018

Entretien avec Christophe Pettiti, avocat au barreau de Paris

Chaque année, l’observatoire de l’Institut des droits de l’Homme des avocats européens (IDHAE) publie un rapport qui recense les avocats assassinés, emprisonnés ou menacés dans le monde en raison de l’exercice de leur profession. Le rapport 2018 qui vient de sortir (et qui peut être commandé auprès de contact@idhpb.org) évoque la situation de 379 avocats en danger. Un bilan qui alerte sur l’état des droits et libertés dans le monde.

 

Gazette du Palais :

Depuis quand publiez-vous ce rapport ?

Christophe Pettiti :

L’observatoire mondial des droits de la défense et des violations des droits des avocats a été initié par l’Institut des droits de l’Homme du barreau de Bordeaux créé par Bernard Favreau en 1984. Désormais, il est piloté par l’IDHAE, une association luxembourgeoise qui a vocation à regrouper les associations d’avocats et instituts des barreaux en Europe qui travaillent sur les droits de l’Homme. Nous publions un rapport depuis une quinzaine d’années. Au départ, ce n’était que quelques feuillets distribués à nos membres, il a pris la forme d’un vrai rapport imprimé à partir de 2006. Mais notre mission ne se limite pas à recenser les avocats en danger une fois par an. Nous sommes en veille permanente. À chaque fois qu’un cas nous est signalé, nous le publions sur notre site internet et nous entrons en contact avec les autorités du pays concerné pour porter secours au confrère.

Gaz. Pal. :

Vous remettez également chaque année le prix Ludovic Trarieux. À qui est-il destiné ?

C. Pettiti :

Ce prix a été créé par Bernard Favreau en 1984. Avocat, ancien garde des Sceaux, Ludovic Trarieux a fondé la Ligue des droits de l’Homme ; il a été également à l’origine de la révision du procès de Dreyfus. Il existe de nombreux prix des droits de l’Homme, la caractéristique de celui-ci réside dans le fait qu’il est le seul attribué par des avocats à un avocat et ce, sans distinction de pays ou de barreau. Il est remis à un confrère qui s’est illustré par son œuvre, son activité ou ses souffrances, dans la défense du respect des droits de l’Homme, des droits de la défense, de la suprématie du droit, ou de la lutte contre les racismes et l’intolérance. Le premier lauréat a été Nelson Mandela en 1985 alors qu’il était un avocat, pas très connu, emprisonné depuis 23 ans. Le dernier prix a été remis l’an dernier à Mohammed al-Roken, avocat aux Émirats Arabes Unis, détenu depuis plus de 5 ans parce qu’il défend des opposants au régime. Il arrive parfois que la remise d’un prix vienne en aide au lauréat. Ainsi, en 2016, l’avocate chinoise Wang Lu a obtenu des autorités chinoises sa libération, après avoir accepté de renoncer publiquement à son prix. Pour nous, c’est un succès. En 2014, une autre avocate, égyptienne, Mahiennour el-Massry, a été libérée 1 mois avant de recevoir son prix.

Gaz. Pal. :

Le rapport 2018 montre l’étendue des menaces qui pèsent sur l’avocat dans le monde : plus de 100 assassinats, des centaines de condamnations, emprisonnements, pressions, menaces de mort…

C. Pettiti :

Parmi les avocats recensés dans le rapport, on dénombre évidemment beaucoup de militants des droits de l’Homme ou d’opposants politiques, ou encore des défenseurs de militants ou d’opposants. Mais nous observons aussi les avocats menacés dans l’exercice traditionnel de leur métier, ce qui concerne essentiellement les pénalistes.

https://www.gazette-du-palais.fr/article/GPL324h0/

http://www.idhae.org/idhae-fr-index1.htm

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