Tag Archives: European Court of Human Rights

Russia: Russian lawyer turns to ECHR over Professional Ethics Code

October 5, 2018

Attorney Igor Trunov has filed a complaint with the European Court of Human Rights (ECHR) challenging Russia’s Professional Ethics Code of Lawyers, he has told RAPSI.

Trunov claims that provisions of the Professional Ethics Code discords with the principle of legal certainty and allows to bring lawyers to liability for actions not related to their professional duties.

The attorney earlier lodged lawsuits with Russian courts demanding to declare the Professional Ethics Code inoperative.

According to Trunov, the Professional Ethics Code and the Rules of Lawyers’ Conduct fail to meet the Federal Law “On Legal Practice and Advocacy in the Russian Federation” and contain provisions contradicting with the principle of legal certainty and leading to corruption and abused discretion.

Legal examination of the Code’s compliance with the Russian legislation and anti-corruption examination are necessary, he stated.

However, his claims were dismissed.

The lawyer believes that Russian courts have violated Article 6 (Right to a fair trial) and Article 10 (Right to freedom of expression) of the European Convention on Human Rights.

Trunov began challenging the Ethics Code after his disbarment in September 2016. The lawyer viewed the decision to disbar him as strange and unexpected because the Association had recognized his public activity as a disciplinary case. “I have spoken at a news conference about problems existing in the society, specifically about corruption in the bar. This particular speech at a public venue was declared a disciplinary case by the Counsel on the base of the Professional Code of Conduct. But the Code has never regulated public activities. That’s why I think, this decision has a political component,” Trunov said earlier.

In December 2016, Moscow’s Lefortovsky District Court overturned the Moscow Regional Bar Association’s decision on disbarment of Trunov and ordered restoration of his attorney status.

http://rapsinews.com/judicial_news/20181005/288550667.html

https://en.wikipedia.org/wiki/Igor_Trunov

Advertisements

Azerbaijan: ICJ intervenes before the European Court of Human Rights in a case concerning restrictions of lawyer’s rights

September 26, 2018

International Commission of Jurists

Today, the ICJ has presented a third party intervention before the European Court of Human Rights in Alayif Hasan oglu Hasanov v. Azerbaijan case.

In its submissions, the ICJ stresses that, while lawyers must perform their professional functions in conformity with ethical standards, the systems and procedures in respect of conditions of service, including in respect of admission to the profession and discipline, must not enforce such obligations in a way that impairs the exercise of human rights by lawyers or their capacity to effectively represent their clients.

The ICJ presented the submissions based on the jurisprudence of this Court as well as international standards governing the legal profession.

In particular, the submission addressed permissible restrictions of lawyers’ rights to respect for private (including professional) life under article 8 ECHR and to freedom of expression under article 10 ECHR, as well as the procedural safeguards required to apply such restrictions under article 6 ECHR.

https://www.icj.org/azerbaijan-icj-intervenes-before-the-european-court-of-human-rights-in-a-case-concerning-restrictions-of-lawyers-rights/

https://www.echr.coe.int/Pages/home.aspx?p=home

https://lawyersforlawyers.org/en/oral-statement-on-upr-outcome-2/

https://www.coe.int/en/web/commissioner/view/-/asset_publisher/ugj3i6qSEkhZ/content/commissioner-mijatovic-intervenes-before-the-european-court-of-human-rights-in-the-case-of-emin-huseynov-v-azerbaijan

Azerbaijan: Intigam Aliyev c. Azerbaïdjan (CEDH)

le 20 septembre, 2018

Un avocat et défenseur des droits de l’homme accusé d’exploitation d’entreprise illégale, de détournement de fonds et de fraude fiscale, fait condamner 5 fois l’Azerbaïdjan.

(L’Observatoire des Avocats Facebook, 20/09/18)

Dépêches JurisClasseur – Actualités

Mercredi 26 Septembre 2018

Public 26-09-2018 Acharnement judiciaire contre un avocat militant des droits de l’homme La CEDH a jugé le 20 septembre 2018 que la détention d’un avocat défenseur des droits de l’homme accusé d’exploitation d’entreprise illégale, de détournement de fonds et de fraude fiscale visait à le réduire au silence et à le punir pour ses activités. Elle ne poursuivait aucun des buts légitimes prévus par la Convention EDH. Le parquet général d’Azerbaïdjan a ouvert une enquête contre l’un de ses ressortissants, un avocat. L’enquête porte sur des irrégularités présumées dans les activités financières d’un certain nombre d’organisations non gouvernementales, dont l’association du ressortissant visé par l’enquête. Des poursuites pénales furent engagées contre ce dernier pour exploitation d’entreprise illégale, fraude fiscale de grande ampleur et abus de pouvoir aggravé. Il est arrêté et placé en détention. Tous ses recours contre sa mise en détention furent écartés. Son domicile ainsi que le bureau qu’il occupait dans son association furent perquisitionnés et divers documents et objets furent saisis, dont des dossiers concernant des requêtes introduites devant la Cour. Les tribunaux internes rejetèrent les plaintes de l’intéressé selon lesquelles ces mesures étaient illégales. ll fut reconnu coupable et condamné à une peine de prison, avant d’être libéré. Il a introduit une requête devant la CEDH. Son procès fait l’objet d’une requête distincte. L’avocat azerbaïdjanais a soulevé plusieurs violations de la Convention EDH. Il a allégué que son état de santé était incompatible avec la détention et qu’il avait été privé de soins médicaux appropriés pendant son placement en détention (article 2 sur droit à la vie et article 3 sur l’interdiction des traitements inhumains et dégradants) ; s’est plaint de ses conditions de détention et de transfert vers le tribunal ; conteste la perquisition de son domicile et de son bureau (article 8 sur le droit au respect de la vie privée et familiale) ; considère que son arrestation et sa détention avaient porté atteinte à son droit découlant de l’article 11 (liberté de réunion et d’association) ; affirme que ses droits avaient été restreints à des fins autres que celles prévues par la Convention (article 18 sur la limitation de l’usage des restrictions aux droits). Dans son arrêt de chambre, la CEDH a estimé qu’il y a eu : – violation de l’article 3 (interdiction de la torture) de la Convention EDH relativement aux conditions de la détention provisoire du requérant, et non-violation de l’article 3 relativement aux soins qui lui ont été prodigués en détention et aux conditions de sa détention ultérieure ; – violation de l’article 5 § 1 (droit à la liberté et à la sûreté) du fait de l’absence de raisons plausibles de le soupçonner d’avoir commis une infraction pénale pour justifier sa détention ; – violation de l’article 5 § 4 (contrôle de la détention) à raison de l’absence de contrôle juridictionnel adéquat de la légalité de sa détention ; – violation de l’article 8 (droit au respect de la vie privée et des communications) du fait de la perquisition de son bureau et de son domicile ; – violation de l’article 18 (limitation de l’usage des restrictions aux droits) en ce que la Cour estime que les mesures prises contre le requérant visaient à le réduire au silence et à le punir pour ses activités de défense des droits de l’homme et ne poursuivaient aucun des buts légitimes prévus par la Convention. La Cour juge en particulier que cette affaire s’inscrit dans une « tendance troublante à l’arrestation et à la détention arbitraires de personnes critiques du gouvernement, de militants de la société civile et de défenseurs des droits de l’homme ». Elle appelle le Gouvernement à adopter des mesures pour protéger ces personnes en veillant à ce qu’elles ne fassent plus l’objet de poursuites en représailles à leurs activités ni d’un recours abusif au droit pénal.

Sources : CEDH, 20 sept. 2018, n° 68762/14, A. c. Azerbaïdjan

https://www.dalloz-actualite.fr/flash/violation-des-droits-d-un-avocat-defenseur-des-droits-de-l-homme#.W7YPB2gzbIU

http://hudoc.echr.coe.int/eng?i=001-186126   (ENGLISH)

https://www.frontlinedefenders.org/en/case/case-history-intigam-aliyev (ENGLISH)

https://en.wikipedia.org/wiki/Intiqam_Aliyev (ENGLISH)

https://www.meydan.tv/en/site/news/30563/ (ENGLISH)

http://oc-media.org/echr-rules-jailing-of-azerbaijani-rights-lawyer-politically-motivated/ (ENGLISH)

Ukraine/Kazakhstan/Russia/Moldova: Defence for the defenders: Lawyers and attorneys under attack for participation in politically motivated cases

June 29, 2018

The right to defence is one of the fundamental human rights that is enshrined in a number of international agreements. The Universal Declaration of Human Rights proclaims the principle of equality of all before the law, the presumption of innocence, and the right to be examined openly and with all the requirements of justice by an independent and impartial court.

In order to exercise their right to defence, prosecuted persons must have full access to legal services provided by independent lawyers and attorneys. According to the UN Basic Principles on the Role of Lawyers, everyone has the right to ask any lawyer for help in defending their rights and protecting them at all stages of criminal proceedings.

According to the opinion of the European Court of Human Rightslawyers play a key role in maintaining public confidence in the judicial system and act as intermediaries between the public and courts. Thus, they are an important element of the rule of law.

As noted in paragraph 16 of the UN Basic Principles on the Role of Lawyers, governments shall ensure that lawyers are able to perform all of their professional functions in an environment free from intimidation and improper interference. Also, lawyers shall not be prosecuted or sanctioned for any acts committed as part of their professional duties.

Unfortunately, in countries where democratic institutions are poorly developed and the rule of law does not work, lawyers and attorneys often become victims of persecution as well as various kinds of pressure and restrictions. This especially concerns those who participate in politically motivated cases.

Lawyers and attorneys are attacked both by state institutions and authorities and by various criminals, against which the state is unable to protect them. This prosecution also involves professional associations that proclaim their aim to protect the rights and interests of lawyers, but are not independent of state bodies.

At the moment, there are no effective mechanisms for monitoring the interference of the state and other entities in the activities of lawyers and attorneys. The solution could consist of adopting a special document that would protect lawyers and attorneys at the international level.

The statutory goals of the Open Dialog Foundation provide for the protection of human rights, democracy, and the rule of law in the post-Soviet space. This report examines cases of harassment and attacks on lawyers and attorneys in countries such as Azerbaijan, Kazakhstan, Moldova, Russia, Ukraine,and Turkey. The latter is not a post-Soviet state, but it is a member of the Council of Europe and therefore has international obligations in the field of standards of law, democratic development, the rule of law, and respect for human rights.

https://en.odfoundation.eu/a/8707,defence-for-the-defenders-lawyers-and-attorneys-under-attack-for-participation-in-politically-motivated-cases

#DayoftheEndangeredLawyer

France/ECHR: Liberté de parole de l’avocat : une liberté à défendre !

le 7 juin, 2018

Image result for Alain Ottan

Alain Ottan, avocat au barreau de Montpellier, assurait devant la cour d’assises de Nîmes la défense des intérêts d’un homme dont le fils, Mourad, était décédé dans la nuit du 2 au 3 mars 2003, mortellement blessé par arme à feu, à l’issue d’une opération de gendarmerie.

Alors que deux gendarmes attendaient d’être jugés par le tribunal correctionnel pour faux témoignages, un troisième était poursuivi devant la cour d’assises pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

D’emblée, les conditions d’exercice de la défense devant la cour avaient été difficiles, la présidente de la cour d’assises s’opposant à l’audition des deux gendarmes poursuivis pour faux témoignages dont le cas avait été dissocié.

L’acquittement du gendarme ne fut pas une surprise pour la partie civile et c’est dans ces conditions qu’à l’issue du verdict, répondant dans la salle d’audience à un journaliste qui demandait « vous vous attendiez tout de même à ce verdict ? sans commenter vraiment le verdict, vous le craigniez ? », Alain Ottan répondait spontanément « Oui, bien entendu. J’ai toujours su qu’il était possible, un jury blanc, exclusivement blanc, où les communautés ne sont pas toutes représentées, avec, on peut bien le dire, une accusation extrêmement molle, des débats dirigés d’une manière extrêmement orientée. La voie de l’acquittement était une voie royalement ouverte, ce n’est pas une surprise ».

Poursuivi à l’initiative du parquet général devant le conseil régional de discipline, sur la base d’une partie seulement de cette déclaration (la moitié de la phrase était abandonnée, les propos relatifs à une accusation extrêmement molle et des débats dirigés d’une manière extrêmement orientée, n’étaient pas retenus), il était relaxé par le conseil régional de discipline.

Sur appel du procureur général, la cour de Montpellier prononçait un avertissement et, malgré les conclusions de l’avocat général, la Cour de cassation rejetait le pourvoi1, validant le raisonnement de la cour d’appel, en rappelant « qu’en dehors du prétoire, l’avocat n’est pas protégé par l’immunité de l’article 41 de la loi du 29 juillet 1981 et que les propos tenus présentaient une connotation raciale, jetant l’opprobre sur les jurés et la suspicion sur leur probité, caractérisant ainsi le manquement au devoir de modération et de délicatesse ».

https://www.dalloz-actualite.fr/chronique/liberte-de-parole-de-l-avocat-une-liberte-defendre#.WxitpEiFPIU

https://blogs.mediapart.fr/patrick-cahez/blog/130518/une-justice-de-blancs-la-cedh-sanctionne-la-cour-dappel-de-montpellier

https://www.dalloz-actualite.fr/flash/saisie-au-domicile-et-au-cabinet-d-un-ancien-avocat-et-secret-professionnel#.Wx6b5EiFPIU

France/ECHR: Liberté d’expression des avocats : la France condamnée pour violation de l’article 10 de la Convention

le 4 mai, 2018

La condamnation d’un avocat à un avertissement pour avoir, juste après le prononcé d’un verdict, imputé à un jury criminel une partialité résultant de préjugés raciaux, est jugée contraire à l’article 10.  

 

En 2003, un jeune homme perdit la vie à la suite d’une course-poursuite avec un gendarme. Jugé en 2003 pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ce dernier fut acquitté et le requérant, avocat de la partie civile, prononça les paroles suivantes juste après le verdict : j’ai « toujours su qu’il [l’acquittement] était possible. Un jury blanc, exclusivement blanc, où les communautés ne sont pas toutes représentées (…) la voie de l’acquittement était la voie royalement ouverte, ce n’est pas une surprise ».

Convoqué devant le conseil de discipline des barreaux du ressort de la cour d’appel de Montpellier pour avoir manqué aux principes déontologiques essentiels de sa profession, notamment de délicatesse et de modération, par des propos tenus publiquement et imputant à la cour et aux jurés une partialité raciale, l’avocat fut relaxé. Saisie par le procureur général, la cour d’appel estima au contraire que les manquements déontologiques étaient caractérisés et prononça un avertissement contre le requérant. En 2012, la Cour de cassation rejeta son pourvoi estimant que les paroles litigieuses, prononcées en dehors du prétoire, n’étaient pas couvertes par l’immunité judiciaire bénéficiant aux avocats dans l’exercice de leurs fonctions (Civ. 1re, 5 avr. 2012, n° 11-11.044, D. 2012. 1017  ; ibid. 2013. 136, obs. T. Wickers  ; AJ pénal 2012. 479, obs. C. Porteron  ; JCP 2012. 733, note J.-M. Brigand).

Devant la Cour de Strasbourg, le requérant invoquait une violation de l’article 10 de la Convention européenne qui protège le droit à liberté d’expression. Passant au crible du paragraphe 2 de l’article 10 l’ingérence subie par l’avocat dans l’exercice de cette liberté, la Cour européenne conclut à son caractère disproportionné et donc à la violation de la Convention.

https://www.dalloz-actualite.fr/flash/liberte-d-expression-des-avocats-france-condamnee-pour-violation-de-l-article-10-de-convention#.WuxcfoiFPIU

https://www.doctrine.fr/d/CEDH/HFJUD/CHAMBER/2018/CEDH001-182177

France: La France est condamnée par la #CEDH en raison de la sanction disciplinaire infligée à un avocat qui avait tenu des propos critiques (évoquant “un jury blanc, exclusivement blanc”) à l’issue d’un procès d’assises.

le 19 avril, 2018

No automatic alt text available.

CEDH, 19 avr. 2018, n° 41841/12, Ottan c/ France

Pour condamner la France, la CEDH reprend les principes forgés dans son arrêt de Grande Chambre Morice c/ France : l’avocat poursuivait sa mission de défense de son client (partie civile) et formulait une critique générale de la justice.

Le communiqué : http://hudoc.echr.coe.int/fre?i=003-6064219-7804973

L’arrêt : http://hudoc.echr.coe.int/fre?i=001-182177

(via Nicolas Hervieu, @N_Hervieu)

(Fil DROIT Facebook)

http://www.midilibre.fr/2018/04/24/affaire-mourad-la-cour-europeenne-epingle-la-france-et-blanchi-l-avocat-pour-ses-propos,1661400.php